Vendredi 8 mai 2009
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Au bout de mes vilaines jambes striées de cicatrices profondes et parsemées de poils blancs tirebouchonnés sur eux-mêmes, une vieille chaussette repentante sans plante de pied se plaisait à me cligner de l'œil. Un œil pervers, vert et transparent. Elle portait au cul une plume duvetée qui la faisait ressembler à une majorette qui aurait vu un tambour major à poil. Elle semblait fermée à tous les vents et présentait à mon œil glauque un crâne cadavérique comme nettoyé par  le plumeau de Zézette la grosse bête qui, lorsque j'étais petit venait brouter le colza du champ du fond de la propriété de mon grand-père, mort depuis longtemps, mais pas oublié.

En relevant ma tête dont les yeux étaient restés fixés assez longtemps sur la chaussette repentante, je remarquais que mes pas m'avaient conduit devant un arrêt de bus sans chien assis, sans  chat ni souris blanche. Je ne me posais pas de question et m'asseyais  sur le banc en aluminium luisant sous la lumière d'un réverbère éteint. Tout cela avec le risque d'attendre sans aller plus vite. Où? Je ne savais pas.

Attendant, oui,  le tas de ferrailles à venir avec le numéro 114 gravé sur ses flancs. Pendant ce temps là, une vilaine petite fille à brûler vive sur le gril ensemençait les alentours de son rhume garni de tchoums glaireux. La mort  va ainsi et personne n'y peut rien. C'est un pur effet du hasard. Elle propulsait un crachat couronné roi des chiens sur un vilain petit bâtard de canard noir, sortant d'un vieux tiroir en lui faisant le doigt d'honneur d'un nain sans nez. La petite fille se trouvait intéressante et me souriait et je n'eus que le temps de faire un pas de côté pour éviter un autre glaviot, plus noir que les précédents.

Sur le toit de  l'abri bus, un rossignol gueulait à gorge déployée en voyant une pauvre mamie ouverte, sonnante et trébuchante, une clope hideuse aucoin d'un lièvre sans poil, s'écroulait par terre sans que personne ne vienne à son secours, même pas moi, tout occupé à regarder si le glaviot noir ne m'avait pas touché.

De l'autre coté de la rue, un gros bonhomme, une poire en confiture dans la bouche à l'image d'un dur pas si dur que cela mais un peu quand même, entrait dans une maison morte vide de tout objet coupant
pour y prendre une anémone de mer sans parent.  Moi, je n'avais pas ce problème car les miens étaient vivants.

Tout à coup, l'envie de pisser me prit et je couru le long du trottoir pour entrer dans une pissotière verte, tout juste éclairée pour qu’on voit où allait le jet d'urine au moment de l'action.

Après m'être soulagé, je regardais à droite et constatais qu'un oreiller semblable au mien était là, éclairé par une lampe à pied rouge, avec juste à coté  un vieux crapaud rouge et mort à la fois.

Je touchais ma tête de ma main droite et pensais à une histoire sans moi, sans rien.


Le noir géant vint fermer mes yeux que je n'aurais jamais du ouvrir.


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Vendredi 8 mai 2009

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Vendredi 8 mai 2009
ils ne sont pas nombreux les "artistes" dans la famille alors je veux vous présenter quelques dessins de ma nièce Julie qui est graphiste illustratrice. C'est un métier pas facile mais je crois que son talent trouvera son chemin dans ce monde de l'imaginaire malheureusement trop souvent lié à la rentabilité.
Quoi qu'il en soit, ne change rien Julie , c'est ton vieil oncle qui te le dit .


Le blog de Julie


INSECTES

POUASCAILLE

SOURIS

PORTRAIT
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Lundi 4 mai 2009
Moins on est bien dans son corps et dans sa tête, plus notre mémoire se fait vive et claire,  les souvenirs, plutôt bons que mauvais, reviennent à la charge, même dans leurs plus petits détails. Si par ailleurs on est déjà de la classe "60 et plus" du tarif SNCF,  je ne vous dis pas…

C'est pourquoi , depuis quelques semaines , je repense régulièrement à ceux que j'ai vraiment admiré avec un grand "A". Presque tous morts mais si présents. Voici donc mes idoles de cinéma ou de la chanson, ceux qui me faisaient passer un frisson dans le dos lorsque j'entendais leurs disques et que je voyais leurs films ou leurs sketches. Et ils le font toujours, d'ailleurs, mais avec une impression d'irrémédiable, de livre fermé et d'avenir un peu plus triste. Chacun, ils occupent une place particulière dans mes souvenirs mais je crois que la valise est presque pleine et que le moule est cassé.
On devrait considérer les moments présents comme de futurs souvenirs, la vieillesse serait moins difficile à vivre.


Place aux dames:

Anna Magnani: Vidéo

Simone Signoret: Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle
mais de savoir fermer les yeux quand il le faut.

Romy Schneider:
"Le talent, c'est une question d'amour."

Et les messieurs:

Philippe Léotard:
"J'écris pour me taire."

Marcello Mastroianni: Vidéo


Jean Gabin:
"Moi, je n'ai pas d'ami. C'est trop fatigant d'être aimable."
Charles Denner: Video

Jean Marais: video

Serge Reggiani: video

Pierre Desproges:
"La nostalgie, c'est comme les coups de soleil : ça fait pas mal pendant, ça fait mal le soir."

Coluche: video

Raymond Devos: "Toute la nuit, j'ai cru entendre le chromosome en plus qui tournait en rond dans ma case en moins."

Léo Ferré: "La mélancolie c'est un chat perdu qu'on croit retrouvé."

Et voilà, ce sont les principaux.
Dans chacun d'eux il y a un peu de moi, de mes pensées, de ma vie tout court.
Je les remercie de m'avoir fait rêver et de toujours me faire rêver.


 "La pensée d'un homme est avant tout sa nostalgie." - Albert Camus






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Dimanche 3 mai 2009
"Un artiste , c'est quelqu'un qui jette des pierres pour que les autres voient le chemin"
Richard Bohringer

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Dimanche 3 mai 2009
Quand y a plus personne à qui dire ses blessures
Quand y a plus personne à qui, Bon Dieu qu'c'est dur
Quand y a plus personne on crie pour être sûr
Qu'on est vivant , j'veux pas qu'ça dure.

Photos fanées au pied du lit,
Souvenirs perdus de bons amis,
Enfants partis sur la grand route,
Y a plus rien qu'ce mec qui doute.
Il faudrait pour être heureux
N'avoir à peindre qu'des choses en bleu
Mais la vie c'est jamais tout bleu.

C'est dans sa tête que ça s'mélange
Et dans son coeur c'est pas un ange
Il voudrait vivre comme y a longtemps
Mais c'est plus rien qu'du mauvais sang.
Y a qu'dans l'malheur qu'il prend son pied
La peur , la haine il a donné
Ses sentiments ont trop traîné
Dans la boue noire des jours passés.

Le feu , la rage, tout est dedans
Il voudrait être un p'tit enfant
Du temps jadis et béni quand,
Il pouvait dire : Bobo maman.
Prend un crayon et puis souligne
Les passages où y a pas de guigne
Et jette le reste aux oubliettes
Tu verras , ce sera bien plus net.

Quand y a plus personne à qui dire ses blessures
Quand y a plus personne à qui, Bon Dieu qu'c'est dur
Quand y a plus personne on crie pour être sûr
Qu'on est vivant , pour que  ça dure

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Samedi 2 mai 2009


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Mercredi 29 avril 2009
Petite histoire...

Les trois doigts gauche de ma main droite enserrent le stylo noir qui pointe sa plume au dessus de la feuille blanche.
Je cherche.
- Quoi?
- Je ne sais pas mais je ne vais pas tarder à trouver.
Dans ma tête, je vois un gros tas obèse, genre Chéribibi, imberbe, assis dans le coin d'une petite pièce. Il est chauve avec des pieds à la Rodin, un bide à la Conticini et une toute petite bite. A première vue, il n'a pas l'air d'apprécier les regards qu'on lui porte. Normal, il ne peut pas bouger. Ron Mueck l'a mis sur terre sans lui donner la moindre vie véritable, seulement l'apparence, l' expression et la texture. Il ne peut même pas bouger le petit doigt. Mais si, pour l'extérieur, c'est presque parfait et criant de vérité, à l'intérieur, qu'est-ce qu'il y a? Je m'approche de ses yeux qui renvoient mon image. Est-ce bien moi, là, derrière ces deux gros calots globuleux, tristes et méchants à la fois? J'avance ma main et pointe mon index qui s'enfonce dans le noir de la pupille. Le doigt,  puis la main, le bras , je passe la paupière avec une jambe, puis l'autre et me voici sous le dôme monstrueux de son crâne. Dans la pénombre, je remarque un petit ruisseau qui semble venir de plus haut et qui ne va nulle part.Je le suis , mes chaussures font ventouse sur un sol ressemblant à une éponge gorgée d'eau. Après quelques mètres, j'arrive à la source. Une eau cristalline jaillit à gros bouillons sans discontinuer. Je la goutte, elle est salée. Ça y est, j'ai compris. Mon gros tas pleure en dedans. La curiosité l'emportant, je descends le long d'un couloir aussi rond qu'un O majuscule. Au bout de quelques minutes, j'entends devant moi un coup sourd et pesant puis plus rien. A quelques pas gît un cœur meurtri. Il semble mort. Je le contemple sans bouger. Boum! Une minute après le coup précédent, il manifeste sa présence. Il n'est pas mort mais assurément , il souffre. Dans notre monde, il serait déjà sous assistance ou même transplanté. Mais dans cet univers quasi immobile, on ne peut rien pour lui. A moins que… Posant mes deux mains bien à plat sur l'organe moribond, j'essaye de lui redonner son rythme de vie. La sueur perle sur mon front. J'évite de penser afin de ne pas sombrer dans le ridicule de mon imaginaire en ébullition. Petit à petit, ce n'est plus un battement à la minute mais 5, 10, 15, 30 80. C'est étourdissant, pire qu'une sono de 2000w qui voudrait cracher ses décibels bien au fond de mes grandes oreilles. Une onde de choc me projette en arrière, je tombe, me cogne la tête sur la première côte de Chéribibi et m'évanouis.
On raconte que dans la dernière exposition de ce sculpteur , une statue hyperréaliste s'est levée, a sourit, s' est dirigée vers la sortie en faisant peur à tout le monde pour disparaître à tout jamais dans l'univers des vrais hommes.
La plume de mon stylo se pose sur la feuille blanche…
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