Hommage à mon copain Daniel

Vendredi 5 Décembre, les cendres de mon copain d'enfance  Daniel Siméoni, décédé il y a un an, ont été tranférées du Canada au cimetière du Montparnasse. J'ai écrit et lu ces quelques lignes en son hommage:

Cher tous,

Nous sommes réunis ce jour pour célébrer, car il n'est d'autre mot pour désigner cette cérémonie, la disparition de celui qui fût le mari, le compagnon, le frère, l'ami, le copain, de ceux qui l'aimèrent et l'aiment encore: Daniel Siméoni, professeur agrégé à l’École de traduction du Collège Glendon, directeur du programme de maîtrise en traduction et membre du programme d’études supérieures en lettres et sciences humaines.

Quel meilleur hommage pourrions-nous lui rendre, qu'en nous en souvenant, puisque cette mémoire est, et restera, le lien commun qui nous rassemble tous aujourd'hui ?


Souvenons nous de ce petit garçon qui naquît le 22 Décembre 1948 d'un père né en Italie , Aldo Siméoni, et d'une mère née en Pologne, Tema Zolty dont les Kougelhopf qu'elle préparait rue André Tessier étaient de véritables délices.

Souvenons nous de celui que l'on pouvait croiser, au fur et à mesure que la vie s' écoulait, à Fontenay sous Bois, à Vincennes, à côté de la tour Montparnasse puis à Toronto, fief de son installation définitive jusqu'à ce qu'il nous quitte.

Je laisse à chacun l'intimité de ses souvenirs. Mais, osons:

Tes vieux copains ( et oui, déjà un peu vieux) ici présents, se  rappellent de Daniel dont le nom indien était devenu au fil du temps " celui dont le téléphone ne fonctionne que dans un sens" .
 
Nous nous rappelons la gymnastique corrective de Daniel dont nous nous moquions un peu comme tout gosse se moque à l' âge ingrat, sa R8 à "double" carburateur qui nous impressionnait tant, sa barbe rousse qui lui valait le surnom de "Barbu Marxiste " , son vélo dont il prenait le plus grand soin,  les soirées mémorables chez les uns et les autres où les degrés alcooliques ne manquaient pas, le " ti ti bam" bien rythmé de l'admirateur des "Kid's",  les vacances passées ensemble en Sicile, en Turquie et ailleurs , sa retraite monastique dans son appartement pour préparer son agrégation ,  le morceau de bravoure que fût le déménagement  du piano à queue récupéré par son père Aldo dans un grand hôtel parisien, ses visites impromptues chez le bon docteur Gautier, son admiration sans borne pour Kurosawa.

Après ces années de jeunesse dont les souvenirs reviennent abondamment à l'esprit de ceux qui l'ont connu durant cette tranche de vie passée en France, Daniel a changé de continent et rejoint le Canada.  Nos routes se sont écartées mais il est resté dans notre mémoire. 

Au moment de sa disparition, je ne savais pratiquement plus rien de lui, comme quelques-uns d'entre nous. Mais qu'importe…

Sur  le Net  j'ai découvert ses activités à l' Université d' York  et combien il était aimé de ses étudiants et de ses collègues de travail. Comment il était devenu quelqu'un de reconnu dans sa discipline, auteur de plusieurs livres dont: "Language Processes and the Metalinguistic Puzzle". Daniel, tu aurais pu trouver un titre plus simple, moi qui parle anglais comme une vache espagnole!

Nous avons eu comme copain un brillant linguiste, passionné et amoureux des mots que l'on traduit pour se comprendre. Soyons en fiers…

Tu resteras en nos cœurs et en nos esprits comme étant le " Oh Daniel! " essentiel de notre jeunesse.

Surtout cher copain, prends patience en nous attendant. Mais tu auras de quoi t'occuper: tu vas pouvoir rencontrer tous ces écrivains, cinéastes et autres créateurs disparus que tu admirais tant, parler de ton métier avec les anciens que tu citais en exemple dans tes cours et nous viendrons te retrouver dans quelques années, demain peut-être, pour reprendre comme jadis nos frasques et nos plaisirs.       

Alors: ………Au revoir l'ami.

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